Les vacances de la Toussaint démarrent ce samedi, et les cinémas ont sorti leur carte maîtresse pile au bon moment. Depuis le mercredi 14 octobre, les salles françaises accueillent « Mochy, le chien le plus moche du monde », un film d’animation qui assume dès son titre un pari osé : faire d’un chiot raté de concours le héros préféré des enfants cet automne.
Les points :
Un héros qui ne ressemble à aucun autre #
Mochy n’a rien du chien de dessin animé classique, et c’est tout le propos. Ce jeune chien au grand cœur rêve de participer au concours du plus beau chien, persuadé d’y trouver enfin la personne qui l’aimera pour la vie. Le hic, évidemment, c’est son physique : Mochy est officiellement le chien le plus moche du monde, et le film tire de ce décalage toute sa drôlerie et toute son émotion.
Derrière l’apparente légèreté du pitch, le film parle aux enfants de quelque chose qu’ils connaissent tous : la peur de ne pas être choisi, le regard des autres, et cette idée toute simple qu’on peut être aimé pour ce qu’on est plutôt que pour ce qu’on montre. Un thème universel traité à hauteur d’enfant, sans leçon de morale appuyée, sur un format d’1 h 25 qui convient bien aux jeunes spectateurs à partir de 6 ans.
Une animation européenne qui joue dans la cour des grands #
Contrairement à ce que son esthétique léchée pourrait laisser croire, Mochy ne sort pas d’un studio hollywoodien. D’après sa fiche UniFrance, il s’agit d’une production majoritairement belge, avec une participation française, réalisée par Jérémie Degruson et Yanis Belaid. Le titre original du film, « Yugly », contraction anglaise évoquant la laideur, annonce la couleur avec le même humour que son titre français. En France, c’est SND, la branche cinéma du groupe M6, qui distribue le film en salles.
Cette sortie confirme la belle forme de l’animation belge, qui a pris l’habitude de rivaliser avec les géants américains sur le terrain du film familial, avec des budgets plus modestes mais un vrai savoir-faire visuel. Mochy en est la dernière démonstration : un univers coloré de concours canins, des personnages expressifs et un rythme calibré pour tenir en haleine les plus jeunes sans perdre les parents.
Le bon créneau des vacances #
Le calendrier n’a rien d’un hasard. En sortant le 14 octobre, trois jours avant le début des vacances de la Toussaint, le film se positionne comme LE rendez-vous famille de la quinzaine. Les circuits de salles l’ont bien compris : UGC l’a intégré à sa sélection UGC Family, le label maison qui fléche les films adaptés aux sorties avec enfants, avec les séances en journée qui vont avec.
Pour les parents qui planifient la quinzaine, Mochy coche beaucoup de cases : une durée raisonnable qui ne teste pas la patience des plus petits, un humour visuel qui fonctionne dès le plus jeune âge, et un fond suffisamment malin pour nourrir la discussion sur le chemin du retour. Les sites spécialisés dans les sorties enfants, comme CitizenKid, le recommandent à partir de 6 ans, un repère utile pour savoir si les petits derniers peuvent suivre.
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Pourquoi ce film risque de rester dans les cours de récré #
Chaque automne a son personnage fétiche, celui dont les enfants reparlent pendant des semaines. Mochy a le profil type : un nom qui se retient en une seconde, une bouille immédiatement reconnaissable et un concept que n’importe quel enfant peut résumer à ses copains en une phrase, « c’est le chien le plus moche du monde et il veut gagner un concours de beauté ». C’est exactement le genre de bouche-à-oreille de cour de récré qui transforme une sortie ciné en phénomène de saison.
Le message du film a aussi de quoi plaire aux parents et aux enseignants : à l’âge où les moqueries sur l’apparence commencent à circuler, un héros célébré précisément pour sa différence tombe à pic. Sans en faire un cours d’éducation civique, Mochy glisse l’air de rien une idée précieuse : la beauté d’un concours ne vaut pas grand-chose face à la loyauté d’un chien, fût-il le plus moche du monde.
Reste une question que les enfants ne manqueront pas de poser en sortant de la salle : peut-on vraiment être « le plus moche du monde » quand on fait fondre toute une salle de cinéma ? Réponse dans les salles, tout au long des vacances.




